Depuis des semaines, on entend parler de la nouvelle loi sur la cybercriminalité. En fait, le terme cybercrime est largement utilisé actuellement. Il s’agit de crimes perpétrés sur le réseau Internet. Commençant par un simple vol de compte et pouvant aller jusqu’à l’organisation d’une attaque terroriste. Ainsi est-il devenu nécessaire de faire face à cette sorte de criminalité.
Maintenant des millions de personnes sont connectées au réseau d’Internet que ce soit via des ordinateurs portables, des smartphonesou des tablettes. Le cybercrime est devenu une menace plus sérieuse. Le terme «cyber» désigne les activités effectuées avec des ordinateurs ou Internet. Le cybercrime peut être perpétré avec de nombreux outils et méthodes: les virus, les logiciels espions, les logiciels de rançon… Ces actes sont le travail de criminels pratiqué par ceux qui disposent des compétences technologiques et utilisent le réseau Internet.
Il existe plusieurs types de cybercrimes. Ils sont classés dans deux catégories: les crimes ponctuels, comme l'installation d'un virus qui vole vos données personnelles, et les crimes récurrents comme le harcèlement en ligne, le chantage et même l’organisation d’attaques terroristes. Voici quelques informations.
Le piratage informatique: C’est un accès non autorisé à un ordinateur. Ce crime permet d’accéder aux données contenues sur un système informatique.Le piratage informatique est la première étape qui donne les ressources nécessaires à la commission de plusieurs autres crimes.
Les pourriels: Ce sont des courriels non sollicités utilisés pour vendre des produits illicites ou contrefaits, ou pour collecter des informations personnelles, financières et des comptes d’utilisateurs. Les pourriels copient souvent les courriels officiels et tentent d’attirer leurs victimes vers de faux sites qui copient eux aussi les véritables sites web.
La prise en otage: Certains virus prennent en otage les fichiers de leurs victimes en chiffrant leur contenu puis en exigeant une rançon pour obtenir les clés de décryptage.
Les botnets: Ce sont de vastes réseaux d’ordinateurs infectés et contrôlés à distance par un botmaster. Les botnets sont utilisés pour copier des informations personnelles et financières, lancer des attaques de déni de service, envoyer des pourriels et générer artificiellement du trafic vers certains sites afin d’en augmenter les revenus publicitaires.
Le carding:Il englobe toutes les fraudes de cartes de débit et de crédit en ligne. Ce type de fraude est de grande ampleur.
Pour faire face à tous ces types de crimes, il était nécessaire de mettre au point une loi sur la cybercriminalité. Pourtant, avant de fixer la loi, une tentative sécuritaire avait été lancée en 2014, lorsque des informations circulaient disant que le ministère de l’Intérieur aurait décidé d’appliquer le «poing électronique». Un système pour surveiller et détecter ce qui est diffusé et posté dans l’espace électronique. Il ne s’agissait pas uniquement de surveiller des réseaux plus influents de la communication sociale:Facebook, Twitter, Youtube. Il s’agissait également de détecter les canaux de diffusion sur le réseau Internet tout entier: les blogs, les sites, les forums, les e-mails, la communication mobile (Whatsapp et Intagram), les applications vocales sur Internet (Viber, Google talk).
Le poing électronique avait engendré à la fois les inquiétudes et la critique des experts ainsi que des utilisateurs des réseaux sociaux. Une fois les déclarations duministère de l’Intérieur ont été faites des hashtags et des commentaires se sont multipliés sur les réseaux sociaux postant par exemple «Attention, nous sommes surveillés!». Malgré l’aspect ironique de ces posts, ils portaient dans leurs replis des inquiétudes sur les libertés. Le nouveau programme pour la surveillance d’Internet était vu d’un mauvais œil. Il étaitconsidéré, par nombreux, comme un outil pour guetter les citoyens et comme une atteinte aux libertés.
Pourtant, le directeur de l’Administration générale d’informations, de documentation et de renseignements d’Internet, avait écarté toute intention à surveiller les comptes des gens sur les réseaux sociaux. «Le programme a pour but de moderniser le système de quête d’informations, de détectage des éléments qui incitent contre les institutions de l’Etat», a-t-il précisé.
Selon le responsable de l’Intérieur, le nouveau programme n’était qu’un outil technique moderne pour détecter les éléments terroristes non pas pour guetter les citoyens ou les surveiller. Ce type de programme est utilisé dans la plupart des pays du monde depuis des années surtout aux Etats-Unis, en France, en Grande Bretagne, en Allemagne et dans certains pays arabes.
Les experts ont précisé le mode de fonctionnement du point électronique. Six étapes sont nécessaires pour imposer le contrôle.
1- préciser les cibles à surveiller. Recourir à des logiciels pour préciser les contenus à surveiller. Faire une liste des sites, des comptes, des forums, des e-mails concernés.
2- attaquer par des «balles de recherches successives dans arrêt». Les codes des logiciels susmentionnés attaqueront les cibles pour les pénétrer.
3- chaque balle balaie une cible et en fait une copie.
4- le contenu fera partie d’une méga base de données.
5- faire des rapports pour soutenir les preneurs de décisions sécuritaires.
6- exécuter des opérations sécuritaires à l’intérieur età l’extérieur d’Internet.
Récemment, la loi sur la lutte contre la cybercriminalité a été approuvée par le Conseil des ministres et a été transférée au Parlement. Le comité des communications au sein du Parlement a examiné la loi et l’a approuvée mi-avril. La loi sera bientôt discutée dans une séance parlementaire générale. Mais comme toute nouvelle loi, il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Ces derniers sont essentiellement les masses qui s’inquiètent autour des libertés.
Dans ce contexte, le représentant du ministère des Communications au sein du Comité des communications au Parlement, le consultant Mohamed Hégazi, a affirmé que la nouvelle loi ne vise aucune atteinte aux libertés des citoyens sur les réseaux sociaux, au contraire, le but est une protection contre une série de crimes perpétrés sur ces réseaux. Il s’agit en premier lieu de crimes contre la sécurité nationale ainsi que des crimes qui portent atteinte aux citoyens eux-mêmes.
«Le développement technologique a engendré une série de crimes qui constituent des menaces à l’Etat et aux citoyens. Fixer une loi pour protéger contre les cybercrimes était une nécessité», a-t-il indiqué.
La nouvelle loi, composée de 45 articles, est répartie en deux sections. La première est liée aux engagements des fournisseurs des services: protéger les données des utilisateurs, traquer en cas de crime…La seconde est liée aux types de cybercrimes.
En fixant la loi, les experts ont consulté les lois similaires dans des pays arabes et étrangers. La convention arabe pour la lutte contre les cybercrimes a été prise en considération.